Le fils de l'homme riche
30 mai 2025, 20 h
C'est un homme riche dont le fils un jour part sur les routes et puis son père n'a plus de ses nouvelles[1].
Un jour, dans la rue, l'homme riche croise un mendiant et il reconnaît tout de suite son fils. Il comprend immédiatiement l'esprit de son fils. Il comprend qu'il ne peut pas aller le voir et lui dire : « Voilà, tu n'es pas un vagabond, tu es un l'enfant d'un homme riche. Tu es mon fils, tu vas hériter de toute ma fortune. » Il ne peut pas faire ça parce que le vagabond aurait peur et s'enfuirait. Alors il y va doucement. Il lui propose d'abord un repas, puis un autre. puis il lui dit: « Viens chez moi quand tu veux, on te donnera à manger ».
Et quand le fils vient, il le fait recevoir par des domestiques. Il lui propose un petit boulot : balayeur, homme à tout faire. Puis intendant. Puis il en fait son bras droit.
Petit à petit, il l'habitue à son statut d'héritier.
Puis un jour, lorsqu'il a bien amadoué son fils, devant tout le monde il dit « Voilà, c'est mon fils, il va hériter toute ma fortune ».
Et le fils ne s'enfuit pas.
C'est la parabole du pratiquant et des méthodes habiles du Bouddha. Rencontrer le dojo, rencontrer la Voie, rencontrer les pratiquants, ça fait peur, ça inquiète. Ça donne un peu la nausée.
C'est normal. Cette pratique, c'est rencontrer... non, pardon... c'est accomplir, réaliser le Bouddha en nous. Et réaliser le sacré en nous. Et le Sacré, c'est effrayant.
Ce n'est pas les autres qui nous font peur, c'est nous-mêmes, en nous-mêmes, le Bouddha en nous-mêmes qui nous effraie, si proche.
On n'est pas habitué, alors il faut s'habituer.
J'entends des expressions comme « Ah oui, un tel, il est accompli ». J'entends des expressions comme « Laisser passer le sacré en nous". J'entends des expressions comme « Sentir l'éveil ».
Mais ce sont des expressions erronées. La vérité c'est que nous sommes directement le sacré, nous sommes directement l'Éveillé, le Bouddha, sans un cheveu d'écart, sans un atome d'écart.
Sinon, notre pratique ne serait pas possible.
Sinon, vraiment, tout serait un mensonge.
Et ce n'est pas un mensonge. On raconte des histoires, on parle du « chat Bouddha », [2] on montre les manières dans le dojo. On parle de hauteur de zafu, de genoux, etc. Tout ça c'est juste pour amadouer les vagabonds pour qu'ils se familiarisent avec leur propre richesse, avec leur bouddhéité.
C'est toi Bouddha sur ton zafu. Ces pensées ne sont pas celles d'un être autre que Bouddha. C'est Bouddha qui pense.
Ce sentiment, cette illusion qu'il y a quelque chose de mauvais, de cassé, d'incomplet. C'est Bouddha qui la voit.
Et c'est parce que Bouddha la voit que nous sommes ici à faire zazen.
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