Sandōkai (7)
13 avril 2024, 20 h
Et voici les deux derniers vers de Sandōkai.
Je vous en prie, vous qui étudiez ce mystère,
Ne passez pas le temps en vain.
Ce mystère, c’est le mystère de Sandōkai : le multiple, l’un et l’harmonie entre les deux. L’harmonie entre la multitude des phénomènes, shiki, et la vacuité, kū.
Assis en zazen, on ramène le corps à l’équilibre. S’il est trop en avant, on le ramène en arrière. S’il est trop à gauche, on le ramène à droite, etc. On ramène l’esprit à l’équilibre. Si on part trop dans nos projets, on revient. On revient à la posture, à l’instant présent. Si on est trop dans les rêves, on revient à l’énergie de la posture, on revient à l’équilibre.
Quand le joueur de tennis va frapper la balle, il fait attention à son équilibre. Il se campe ben sur ses deux pieds et s’apprête à frapper. Quand l’acteur sur scène va jouer son texte, il fait attention à sa posture, il fait attention à son équilibre. Quand un cadre d’une entreprise, quelque part dans une grosse boîte, doit faire un exposé, il fait attention à sa tenue, il fait attention à sa posture, attention à sa voix.
Tous ces gens sont pris dans la mécanique de leur karma, dans la mécanique, des causes et conséquences qui les a amenés ici. Simplement, ils mettent un peu d’huile dans les rouages du karma pour que ça les fasse un peu moins souffrir. Et c’est très différent de l’équilibre qu’on retrouve en zazen.
L'équilibre en zazen fait exploser les rouages du karma. Revenir à cet équilibre oriente notre action, modifie notre univers tout entier. Cet équilibre... les anciens disaient cette odeur, l’odeur de notre maison, le vent de la pratique, souffle sur toute notre vie.
Je pourrais dire beaucoup de choses sur le dernier vers.
Je vous en prie, pratiquants de la Voie, ne perdez pas votre temps.
Bien sûr, l’étude de la Voie ne souffre aucun délai. Mais cette étude a son propre rythme. Ce mélange entre notre vie et la pratique de Zen doit se faire avec sagesse, avec tranquillité. Toujours en faire un peu plus, mais à la bonne vitesse. Toujours tirer son anneau nasal (c’est une vieille image du zen) mais ni trop fort, ni trop lentement.
Dans notre société, dans nos modes de vie, chaque pratiquant est ultimement responsable de sa propre pratique et doit la protéger, l’entretenir, l’aider à durer dans le temps et à gagner en profondeur
Il faut avoir l’esprit de la grand-mère envers soi-même. Patience et exigence en même temps envers soi-même.
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