Zazen
Zazen et méditation assise
Zazen, la méditation assise sans objet, la racine de notre pratique.
On s’assoit en zazen sur un zafu (coussin de méditation) en posture du lotus ou du demi-lotus, le dos droit, la tête à la verticale du bassin. On régule la respiration en allongeant légèrement l’expiration et en laissant l’inspiration se faire naturellement. En zazen, on s’efforce de ne pas suivre ses pensées. On les laisse aller et venir, sans prolonger le discours intérieur ni entretenir les émotions.
Le corps, la respiration et l’esprit s’installent dans un équilibre dynamique, chacun permettant aux autres de retrouver la condition normale. Dans cet état où alternent la concentration (pour revenir à l’équilibre) et l’observation (c’est-à-dire l’attention à soi) on revient à l’état originel de notre être.
Pendant zazen, le dojo reste silencieux. Un court enseignement peut être donné, mais la méditation n’est pas guidée : on ne se focalise sur aucun objet ni aucun but, aucun objectif.
Comment adopter la bonne posture et la respiration juste ?
Il est important de recevoir les indications d’une personne expérimentée, dans le dojo, lors d’une séance collective. Par l’échange, par l’exemple des autres pratiquants, on peut comprendre cette posture par le corps, par l’expérience vécue.
La « bonne » posture n’est pas une forme précise qu’il faudrait absolument prendre pour tirer parti de zazen. La bonne posture est celle qui permet de retrouver l’unité de son corps et de son esprit. La posture peut être aménagée pour tenir compte des particularités de chacun, en tirant parti de la tradition et de l’expérience acquise par les autres.
Quelques séances peuvent être nécessaires pour cela. Par le dialogue et l’expérience directe, on peut adapter la posture à une large gamme de situations.
Le zazen, une pratique spirituelle accessible à tous
La pratique de zazen se vit par le corps et l’expérience directe, au-delà des concepts, des points de vue personnels et des parcours de vie.
Bien que transmise par la tradition du bouddhisme zen sōtō, zazen n’est en rien un enseignement textuel ou dogmatique. Les enseignements donnés dans le dojo servent à transmettre l’expérience acquise par les pratiquants.
Nous sommes nombreux à lire les ouvrages des maîtres de la tradition, tels que maître Dōgen, maître Deshimaru, Philippe Reiryu Coupey, Gérard Chinrei Pilet et bien sûr aussi ceux d’autres maîtres bouddhistes, comme Thích Nhất Hạnh.. Une telle étude permet de se familiariser avec le monde du bouddhisme zen et d’apprivoiser la pratique effective. Mais elle ne saurait le remplacer. Après tout, « une galette en tableau ne satisfait pas la faim » (maître Dōgen).
Zazen la pratique la plus simple au monde
« Vivre avec tonus au quotidien, c’est être éveillé ! C’est pour cela que la pratique de zazen, c’est pour la vie, sans commencement ni fin. C’est pour la vie, car la pratique n’est pas cérébrale, mais corporelle.
« Évidemment, le comportement du corps influence totalement la pensée. C’est avec le corps qu’on vit et qu’on meurt. On pourrait dire que la posture de zazen, c’est la chose la plus simple au monde : on ne se sert pas de sa bouche, on ne se sert pas de ses yeux, on ne se sert pas de son nez, on ne se sert pas de ses mains, on ne se sert pas de ses jambes. On ne fait rien et on ne bouge même pas !
« C’est la pratique la plus facile, et en même temps la plus difficile : dépasser les tensions douloureuses, dompter l’esprit, être simplement là. Et ce qui est difficile, c’est que pratiquer n’apporte rien. D’un côté c’est vrai, et d’un autre côté, ce n’est pas vrai, car on ne peut imaginer le plus grand mérite qu’on obtient. Car cela n’a rien à voir avec l’imagination.
« Si cette pratique paraît aussi difficile, c’est qu’elle est contraire à l’éducation qu’on a reçue et à l’information que nous recevons tout le temps : pour avancer, pour réussir, pour obtenir, pour gagner, il faut suivre ses pensées, développer sa personnalité.
« Mais, c’est seulement avec l’abandon de son petit soi (le laisser passer), que l’on n’a plus besoin d’avancer, de gagner, on est déjà en haut de la montagne. C’est ça la pratique de notre école. On y est déjà, il faut seulement le réaliser, concrètement, inconsciemment, par le corps. »
Philippe Reiryū Coupey